Notre relation à Mother Earth (1/2)

J’ai fait 2 voyages cette année : un en Colombie et un au Canada. Ces 2 pays ont une chose en commun : ils ont été colonisés par des Européens ; ce qui signifie qu’avant il y avait des habitants qui sont, dans les 2 pays, appelés indigènes. Je serais curieuse de savoir d’où vient ce terme, si vous savez, n’hésitez pas à mettre un commentaire ! En Colombie, on les appelle « indigenas » et on trouve plein de « tribus » différentes. Au Canada, ils sont appelés « first nations » et il y a tout autant de « tribus ».

Pendant mon séjour canadien, je suis allée faire un tour sur l’île de Vancouver et notamment à Tofino qui est connu pour être un territoire « first nation », tout du moins la région. Quand j’étais là-bas, je suis allée voir un film qui montrait ce que les first nations faisaient pour que les gens puissent vivre de manière durable sur le territoire. Ils montraient les différents combats qu’ils menaient et les enjeux qu’il y avait derrière. Notamment le fait de devoir combattre les différentes multinationales qui veulent exploiter le territoire et plutôt favoriser une consommation raisonnée et être sûr de ne pas utiliser plus que ce que la terre nous offre.

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Pendant la soirée, les personnes qui sont venues témoigner ont parlé d’une « charte » que les gens visitant ou habitant Tofino peuvent signer et s’engager à suivre. Je vais vous faire une rapide traduction :

« The IISAAK Pledge

Je m’engage à pratiquer les enseignements d’iisaak (respect pour toutes les vies),

Dans les Ha’houlthee (territoire traditionnel) des Tla-o-qui-aht (peuple first nation) dans laquelle Tofino est située.

Je respecterai cet endroit en tant que walthyuu (la maison de la communauté) et non un endroit sauvage,

Prenant  en compte les connections qui durent depuis très longtemps entre les gens, les terres et l’eau.

Je yuuts-hap (marcherai en faisant attention avec dignité et humilité),

Voyageant lentement à pied, à vélo ou en paddle.

L’océan est haa-ak (fort et puissant),

Je serai conscient des risques comme les courants et les tsunamis, me préparant en fonction.

Uuya thluk sish (Je prendrai soin) de tous les êtres,

Je serai attentif à la flore et à la faune – utilisant mon meilleur jugement pour gérer la nourriture et les poubelles, rester sur les chemins balisés et garder les animaux domestiques en laisse quand c’est nécessaire.

Wi-kii sukwi-ii anash-tis (Je ne prendrai pas ce qui n’est pas à moi),

Laissant le sable, le bois séché et les coquillages là où je les ai trouvés pour que les futures générations puissent en profiter.

His-shuk-nish-tsa-waak

« tout est un et tout est interconnecté ».

Pour information IISAAK veut dire respect dans la langue des Nuu-chah-nulth (un peuple first nation).

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Ce qui m’a marqué, c’est que ce discours, je l’ai aussi entendu en Colombie de la part des peuples indigènes ; alors que ce sont des peuples qui ne se connaissent pas et pourtant ils ont exactement la même vision du monde. Etant donné que ces peuples ont vécu des centaines d’années en harmonie avec leur environnement et que cela fonctionnait, j’ai bien envie de les écouter.

Dans le monde occidental, nous avons tendance à voir d’un côté, nous les humains et de l’autre côté, la nature comme si c’était différencié. Alors que ces différents peuples voient cela comme un tout. Nous sommes connectés à la nature. Nous sommes la nature et la nature est nous. Sans la nature, nous ne pouvons vivre et pourtant nous la maltraitons, nous l’exploitons comme si sans elle, nous pouvions survivre.

J’ai l’impression que quand on tient ce genre de discours en France (dire que tout est relié), on passe pour des « woo-woo » comme on dirait en anglais, des hippies, des gens perchés, des new-age… alors que pour moi c’est la seule manière de voir et de faire les choses qui permet de garder un environnement agréable à vivre pour nous et les futures générations.

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Je pense qu’à partir du moment où l’on comprend et on accepte que nous ne faisons qu’un avec la nature, notre relation à celle-ci change et nous la voyons d’une toute autre manière. Nous avons envie de la protéger, d’en prendre soin car en retour elle prendra soin de nous. On ne parle plus juste de bien recycler ou de faire du compost, mais on parle d’être conscient, d’être en permanence connecté avec son environnement (et je ne parle pas de téléphone ;-)). On ne pense pas à la nature, on est la nature.

J’ai bien conscience que c’est un discours qui n’est pas facile à entendre en France car nous sommes tellement déconnectés. Ce n’est peut-être pas la première manière d’aborder les choses avec les gens et pourtant je trouve ce discours super puissant. Et vous qu’en pensez-vous ? Est-ce un discours qui vous parle ?

 

2 commentaires sur “Notre relation à Mother Earth (1/2)

  1. J’ai beaucoup aimé cet article. La vision de ses peuples qui ont compris il y a déjà bien longtemps comment tout devait marcher pour que cela fonctionne.

    Le Canada et la Colombie, deux pays que j’aimerais visiter, un jour peut être !

    Je te rejoins sur l’impression du « woo-woo » et c’est un frein dans ma pratique de soin.

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