Comment aller vers une convergence des luttes ?

Ces dernières années, j’ai côtoyé de près ou de loin certains projets / milieux écolos. Une chose que j’avais remarqué, c’était extrêmement blanc. Et je me suis toujours demandé pourquoi ? C’est de ça dont j’ai envie de parler aujourd’hui.

Je viens de finir un livre, dont j’ai beaucoup aimé le concept, qui s’appelle « Éloge des mauvaises herbes, ce que nous devons à la ZAD ». Le but de ce livre a été d’inviter plusieurs personnes avec des parcours très divers qui connaissent ou non la ZAD, pour parler de ce que cela représente pour elles. Il y a des personnes militantes écologistes mais pas seulement et c’est justement la richesse de ce livre. Pour ceux ou celles qui ne savent pas ce qu’est la ZAD, c’est un lieu près de Nantes où il était prévu de construire un aéroport et où les habitants/militants ont investi les lieux pour se battre contre cette construction. Le terme ZAD est généraliste mais dans le cadre de ce livre, nous parlons de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

éloge des mauvaises herbes

Je souhaite échanger sur le chapitre écrit par Amandine Gay, « La crise d’une utopie blanche ? ». Amandine Gay est une cinéaste afroféministe et son point de vue sur la ZAD est très différent de tous les autres. Ce qu’elle exprime permet de comprendre pourquoi on ne retrouve pas forcément beaucoup voire aucune personne de couleur dans ces projets. Je cite : « Quand j’interviens dans des milieux alternatifs très blancs, je fais généralement remarquer qu’une personne blanche avec des dreadlocks et un trou de 3 ans dans son CV – car elle revient d’une expérience de vie en milieu rural – pourra toujours se faire une place dans la société au moment où elle le souhaite, il lui suffira de se couper les cheveux. Mais quand on a du mal à trouver un job avec son bac+12, son beau petit costume et ses cheveux défrisés, uniquement parce qu’on s’appelle Aminata, on réfléchit deux fois avant d’aller rejoindre une utopie qui n’a pas été pensée pour nous  – et avec nous. »

Je comprends bien qu’il n’y a pas beaucoup de mixité dans les groupes écologistes car les problématiques sont vues à travers le prisme de la blanchité. Il est donc important d’aller vers une convergence des luttes. On ne peut pas imaginer un monde plus écologique demain si on ne prend pas en considération les problématiques systémiques liées au racisme. Je pense même que toutes les luttes liées à des rapports de domination doivent se rejoindre. Mais comment faire ? Ne nous voilons pas la face. Il existe des écolos blancs racistes. Il existe des noirs sexistes. Il existe des homos anti-vegan. Il existe des vegan racistes. Il existe des personnes issues des classes populaires sexistes….

Dans ce cadre-là, comment aller vers une convergence des luttes quand chacun va défendre ce en quoi il croit ? Quand chacun se dit, « non, je ne m’associe pas à ce groupe car ils défendent cette idée et je ne suis pas pour », comment faire ? Une chose est sûre, s’il n’y a pas de convergence des luttes, les seuls gagnants sont les dominants. Je n’ai pas de réponse au comment faire mais c’est quelque chose sur lequel il va vraiment falloir se pencher si on veut aller vers un monde plus utopique ou au moins plus juste.

Et vous, avez-vous des idées ?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s